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18/11/2012

Comment je me suis préparé à la Mi-Marmotte

 


Comment je me suis préparé à la Mi-Marmotte.

 


 

Avant-propos

L'année 2010 a été une année noire physiquement. En mai 2010, je fais une chute qui me fragilise l'épaule droite, et je n'y prête pas vraiment attention et je ne fais pas de traitement. Je me dis que celà va passer et que dans quelques jours il n'y paraîtra plus. En juin 2010, je fais une nouvelle chute sur la même épaule, et je me fracture l'humerus au niveau de la tête de l'os,, juste dans l'articulation sous claviaire. Il s'en suit une immobilisation complète du bras pendant 3 semaines. Le médecin me prescrit des séances de kiné, et il dit de faire du "pendulaire" sans forcer. Ma Kiné (Laurence) m'explique, que suite à la fracture et la fragilisation préalable de l'épaule je fais "une épaule gelée" et que celà va être long pour récupérer les dégres de libertés, tous les mouvements de mon articulation dextro-claviaire (je sais pas si c'est dans le dico mais le mot me plait bien :>) de mon épaule droite donc.

 

Ma Kiné, m'explique qu'il faut travailler au seuil de la douleur, car sinon l'articulation va se mettre en sécurité et celà irait en s'enpirant. Je n'ai pas de mots pour expliquer comment celà fait mal, la seule chose, c'est que l'on se rend vite compte de l'handicap, et que chaque millimètres, centimètres gagnés en amplitude, deviennent des victoires qui vous motivent pour continuer. Après quelques semaines à faire le mouvement de "Foucault" pour constater que la terre tourne (:>) et que mon épaule elle reste quasi fixe, le médecin me prescrit 60 séances de kiné et il me donne sa bénédiction pour faire du vélo à petite dose, pour lui celà va rentrer dans l'ordre tout seul, autant vous dire que l'été fut chaud, l'automne fut plus frais et que pour l'hiver j'ai pu dégager la neige. Ceci étant écrit, j'aime à dire que sans le soutient et l'amour de Corine, Chloé, Quentin et les séances de Kiné, je ne sais pas si j'aurai trouvé la force d'aller au bout des traitements, car c'est long et il faut rester motivé en vers et contre tout et tous.

C'est en décembre 2010 que je me fixe l'objectif de participer à la Marmotte en Juillet 2011. J'ai 50 ans depuis 1 mois et tout le monde me prend pour un ouf, car j'ai encore des séances de kiné, jusqu'en mars 2011 à raison de 2 fois par semaine, et faire les ascensions des col mythiques comme le Glandon, le Télégraphe, le Galibier et l'Alpe D'huez la même journée, semble être un objectif inaccesible.

La motivation

Je me rappelle d'une étape du tour de France dans les années 60, durant laquelle un coureur après une lourde chute, termina l'ascencion du dernier col en pleurs, on voyait la souffrance de cet homme transpercer l'écran, à l'époque en noir et blanc, ses coéquipiers le poussaient, les spectateurs aussi, une nuée de journalistes guettaient son abandon , il n'en fit rien et termina l'étape. On apprit plus tard, qu'il souffrait d'une fracture du poignet. Des histoires comme celle-là, il y en beaucoup, et elles font la légende du Tour de France et du cycilsme qui sans elles, n'aurait pas son "aura".

 

Gamin, je me demandais : pourquoi ce faire telle violence, ce n'est qu'un sport après tout? Qu'est ce qui pousse un cycliste à aller au delà de sa souffrance physique ? Que cherche -t-il en faisant tout çà ?

J'étais interrogatif, qui a - t - il au delà de tout çà ? J'ai eu des non- réponses telles que :

" Ils sont maso", "Ils sont idiots", "Celà ne sert à rien", "Ils sont tous dopés", "De toutes manières ils ne savent rien faire d'autres" , ...

des réponses admiratives telles que :

"Le vélo est le sport le plus dur" , "Moi j'en suis incapable, chapeau " , "Ils sont courageux ", ...

des réponses techniques telles que :

"Oui mais leur vélo pèse seulement 7kg500, 22 vitesses ... ", "Ils suivent des préparations spécifiques" ....

Il est vrai qu'il faut une combinaison de plusieures choses pour réaliser la performance : "Le physique, le matériel, la volonté, une équipe, une famille, de l'entrainement ...".

Je me plais à dire que : si le physique est là sans trop de psychique , un cycliste ira vite mais pas très loin; et si le psychique est là sans trop de physique, un cycliste ira pas très vite mais très loin. Un vrai champion cycliste combine les deux, il est un athlète et a une volonté qui le pousse à surmonter les obstacles, quelqu'ils soient.

Pour réaliser mon objectif :"Cyclosportive Marmotte 2011" je me suis motivé sur le principe suivant :" je vais chercher le maximun de ce qui peut l'être, et je ne lâche pas tant que l'objectif n'est pas réalisé".

L'analyse de l'objectif


Hors mis les images, reportages divers trouvés sur internet de la cylco des Marmottes qui donnent une idés de l'épreuve, je ne trouve pas grands choses qui me donne des informations précises sur le parcours. Ce que je trouve c'est la distance et le denivellé, inutile de dire que se lancer dans une préparation sans savoir ce qui nous attend n'est pas des plus utiles. Pour connaitre le parcours nous avons à notre disposition les détails des profils qui donnent la longueur des côtes, les pourcentages, et une cotation de la difficulté. Pour ce qui me concerne j'ai mis au point un fichier type tableur, qui reprend kiomètre par kilomètre les détails du parcours ->

 

La connaissance de sa puissance (PMA)

Sur base de la masse homme plus machine et de sa vitesse sur plat, le site altigraph donne des valeurs de la vitesse montée en fonction de la pente pour ce qui me concerne je vise 85kg à 30km/h soit 200Watt

La préparation

 

Je me fais un calendrier pour mes entrainnements afin d'aller progressisvement

La saison commence en force, des séances de home-Trainer (barbant). Je participe à des VTT. Le 1er au mois de janvier à Vivegnis(Oupeye), il fait très froid, les bidons gèlent, moi qui déteste la glace je suis servi, Je fais des tours dans le Condroz (Nandrin, Tinlot, Pair, Ouffet...), et en mars je participe à L'onloop à Gand, sur une route dans la campagne flamande je chute, et je crains le pire, je termine la cyclo au moral avec une cale cassée, les pavés flamands m'ont faits souffrir. Bilan en mars, pas terrible j'avance pas fort. Le dimanche de Pâques, je fais la Rik Verbrughe, au départ d'Aywaille, vers Embourg, les Forges, Banneux, Pepinster, La Reid. J'ai bien commencé, et j'ai eu très dur de finir et surtout de rentrer à la maison, Heureusement qu'il y a des abris bus sur la coté de Plainevaux .

La Chouffe au départ d'Houffalize est faite avec Quentin, l'escalade du Col d'Haussire est mémorable ainsi que la dégustation à la Brasserie d'Achouffe.

L'objectif de référence

Je me fixe un objectif intermédiaire participer à Tilff-Bastogne-Tilff (140 km) en fait Tiff-Stavelot-Tilff, et il sera ma référence pour le go no go à la Mi-Marmotte.

La premiere fois que j'ai participé à cette cyclo TBT galibier,alpe d'huez,lautaret,marmottej'ai abandonné l'itinéraire à Gouvy, et je n'avais pas pu faire les ascensions répertoriées (Wanne, AmerMont, Rosier, Rahier, Redoute, Hornay,Sart-Tilman). Mon objectif est de passer ces côtes sans mettre pied à terre. Tout commence bien, Hézalle est un véritable mur qui arrache vos trippes, je passe. Ensuite Werbomont et plongée sur Trou de Bra, la longue montée de L'ancienne Barrière me fait gambergé, je me demande comment je vais passer Wanne. Je suis arrivé au ravito, installé au sommet de Wanne, sans soucis. La plongée sur Stavelot est rapide, en traversant Stavelot je vois beaucoup de Cyclo attablés aux terrasses, moi je continue. Il me reste 4 côtes à faire et Amermont qui arrive est redoutable, arrivé à mi ascension j'ai du m'arreté, le passage à plus de 20% est pas évident, mais j'ai tout fait à vélo. Ensuite je passe le col du Rosier à l'arrache, devant moi un cyclo raidit par les crampes n'arrive pas à descendre de sa machine. Je continue, les kilomètres commencent à se faire ressentirent je dois finir. J'accroche un peloton, et dans ce dernier je rejoins Remouchamps dernier ravito. Il me reste Louveigné , les Forges, et Sart-Tilman, maintenant je suis à la ramasse, chaque hectomètre est comme une victoire dans cette montée vers Louveigné. Les Forges se profilent, j'ai mal dans la nuque, mais les jambes tournent biens, je fouille mes poches pour me gaver de sucre, je calcule dans ma tête de manière à ce que le glucose arrive dans mes muscles vers le milieu de la côte, +/- 1er virage. J'ai atteint mon objectif, et je le réalise quand je remets ma plaque de cadre à l'arrivée. En écrivant ces lignes, je me rends compte que la mi-Marmotte est Hors catégorie, et ce que j'ai ressenti dans TBT est un avant coup. Là-bas dans les Alpes il faudra rajouter l'altitude. Atteindre 2650 mètres sur un vélo en gravissant des passages à plus de 10%, c'est une histoire de ouf.

Le jour J-1

J'ai réservé un hôtel à Valloire, au pied du Galibier. Avec Quentin nous arrivons la veille du grand jour en voiture. Sur place nous retirons nos plaques de cadre, je découvre les Alpes, et je n'ai qu'un seul désire reconnaître le parcours et aller me recueillir sur le monument Henri Desgrange au sommet du Galibier.

Le parcours est dans ma tête, j'ai étudié les dénivellés sur cartes, sur google, j'ai hâte de voir en vrai et de vivre ce grand moment comme beaucoup de cyclistes l'ont vécu avant moi. Dans ma tête j'ai une image, Eddy Merckx qui salue le monument Henri Desgrange en arrivant par le versant du Lautaret. En voiture nous faisons le parcours, directement on est dans le dur, le passage de Verneys va nous faire souffrir d'entrée de jeu. Les Alpes sont grandioses, le défilé pour arriver au Plan Lachat est magnifique, Le Plan Lachat marque le passage à l'altitude de plus de 2000 mètres, il reste 650 mètres de dénivellé. Cà tape dur jusqu'aux Granges, à droite le monument Pantani, et encore une image toujours le même, Eddy Merckx qui place une attaque dans le “replat” qui suit.Quentin marque l'empreinte de ses mains dans les nèves, un peu avant d'arriver au tunnel qui marque l'ancien sommet. Arrivé au sommet du Galibier je ressents une impression de puissance. Quentin me fait une photo au pied du monument Henri Desgrange, et il fait froid à 2564 mètres d'altitude. Nous n'avons plus le temps d'aller jusqu'à l'Alpe D'huez, nous redescendons à l'hôtel, la Savoie est belle et les savoyards sont accueillants.

Avant d'aller me coucher, j'ai des crampes intestinales, grosse panique, j'ai rien pris pour enrayer une gastro, et Quentin saigne du nez. Je mange une banane, et Quentin se bourre le nez d'ouate. Coute que coute nous serrons au départ demain.

Le jour J

Les matins sont frisquets à 1400 mètres d'altitude au mois de juillet. Après un solide petit déjeuner, nous préparons nos vélos et nous nous rendons au départ après avoir fait tourner un peu nos jambes mais sans vraiment faire un échauffement, le départ est donné et la meute de cyclistes s'élance pour cette mi-Marmotte. Ce peloton est cosmopolite des italiens, des espagnols , des belges , des allemands des français et beaucoup de femmes qui n'en se laissent pas en découdre. Un jeungalibier,alpe d'huez,lautaret,marmottee coureur démarre comme une balle, et je perds Quentin de vue. Plus tard Quentin me dira que le jeune coureur a du s'arreter à la sortie de Valloire car il était dans le rouge et avait du mal à retrouver son souffle. Comme prévu, la côte des Verneys fait mal et j'ai trop chaud, je dois m'arreter pour enveler mon sous teeshirt. Arrivé vers la Rivine j'aperçois Quentin, il a l'air bien, après l'Aérodrome un groupe de cadores de la Marmotte nous dépasse, ils roulent deux fois plus vite que nous, impressionnant. J'arrive à la hauteur de Quentin, il grimace et je l'encourage. Soudain Quentin m'appelle, il est à l'arrêt, il est très essoufflé, son poul est très rapide, il a vraiment du mal. Je l'encourage à reprendre, arrivé au Plan Lachat Quentin jette le gant. Il n'est pas bien, il souffre de l'altitude. Quentin va rentrer tout seul à l'hôtel et moi je continue. Je suis inquiet, les signes d'hier soir, confirment que l'altitude fait mal. Heureusement mes crampes intestinales ont disparues, et tout va bien pour moi. Je roule jusqu'aux Granges, je me surprant à rattraper quelques cyclo, certains titubent, d'autres ont mis pied à terre, j'en fait de même et j'en profite pour boire, mon épaule m'empêche d'aller fouiller dans mes poches et je préfère m'arreter plutot que de risquer la chute. J'apercois les empreintes de mains de Quentin dans la neige, j'arrive près du tunnel. Je galère, des encouragements fusent, “plus qu'un kilomètre” me crient ils, mais quel km à plus de 2550 mètres d'altitude à du 10% de pente, et là sourire pour le photographe “cheese”. Arriver au sommet du Galibier nous attend un ravito, il fait glacial, je m'habille pour la descente de 60 kilomètres avant d'arriver à Bourg D'oisans. Je téléphone à Quentin, il est bien arrivé à l'hôtel, et il va regarder l'étape du tour de France à la télé après avoir mangé à l'hôtel.

La descente est vertigineuse, je passe à coté du monument Henri desgrange, et deboule le Galibiergalibier,alpe d'huez,lautaret,marmotte vers le Lautaret. Mes freins chauffent, ils font un bruit impressionnant. Au passage du col du Lautaret une salve d'applaudissements, je suis motivé. Je plonge vers La Grave. Les passages des tunnels sont spéciaux, en effet, je me suis demandé pourquoi on nous a remis des leds (blanche et rouge) , en fait , je n'y vois rien dans les tunnels, si ce n'est le bout, quand il est pas en courbe, ce qui est dangereux c'est de passer de la pleine lumière au noir d'un coup avec en plus des lunettes à teinte variable. 

Après le Barrage de Clapier, il y a une bosse La Rampe des Commères, j'ai du mal, et je me pose des questions pour ce qui va arriver L'Alpe du Huez et ses 21 virages. Je me fais avaler par un groupe de cyclo, je tente de les accrocher en vain, ils poussent trop fort et je veux pas bruler mes dernières cartouches. J'arrive au ravito de Bourg d'Oisans au pied de l'Alpe d'Huez, je suis perplexe, le soleil tape. Il me reste un dénivelé de 1150 mètres avec une moyenne de 8%, soit 14 km et 21 virages mythiques. Je téléphone à Quentin, tout va bien.

C'est parti, j'arrive au pied de l'Alpe d'Huez, le virage à gauche cache la pente, je ravale ma salive et je mets tout à gauche, je cherche du regard le virage 21 , où es tu Fausto ? Ce 1er km est un juge de paix, si je le passe sans mettre pied à terre, j'arriverai au sommet. L'ascension de l'Alpe du Huez est un véritable calvaire, je me motive comme je peux, j'ai plus rien dans le jambes, je m'arrête quasi un virage sur deux pour boire et faire redescendre ma FC. Les virages de L'Alpe D'Huez sont particuliers, en plus de porter le ou les noms d'un coureur qui a gagné au sommet, ils sont plats, ce qui permet d'avoir un petit répit de quelques mètres, je bénis les virages à gauches qui sont plus longs, donc hein. Les virages sont des points de répères précieux, les voir s'égrainer est motivant, j'arrive au viraggalibier,alpe d'huez,lautaret,marmottee 2 , te saluto Marco. Il me reste un virage, te saluto Guerini.

La dernière rampe est euphorique, d'un coup je retrouve des meilleures sensations, le encouragements des spectateurs fusent, je crie “viva España”, le dernier tunnel au pasage de la station, je plonge sur le rond point, cà y est j'ai mérité mon jus d'orange. Je savoure, il fait noir de monde, je réenfourche ma bégane, après avoir acheter un souvenir (guissard Marmotte) et remis les plaques de cadre et les transpondeurs, pour redescendre à Bourg d'Oisans et aller prendre le bus qui va me ramener à Valloire. Pendant la descente , c'est une longue file de cyclo qui serpente l'Alpe d'Huez sans discontinuer, je les encourage, ils souffrent, maintenant je sais ce que c'est. Il y a des gars à la dérive dans tous les virages. Je téléphone à Quentin, Philippe Gilbert est en jaune, il a gagné la 1ère étape du tour de france 2011. Vive la Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

La vidéo filmée en automatique

 

Le parcours 80 km, 2995 mètres de montées

 

 

 Rafael

 

 

 

 

04/07/2011

La Mi-Marmotte 2011

Ascension de 2 cols Hors Catégorie Galibier et Alpe d'Huez
La vidéo donne une idée de l'ambiance même si date de 2009 c'est pareil, la Marmotte
commencant par l'ascension du Glandon (descente assez impressionnante), le Télégraphe
et elle fait 184km pour 5000m denivellé +.
MiMarmotte-20010702.JPG